« Quand on ne fait rien, on est utile à tou.te.s »

Du temps ! Le 8 février dernier, après quelques journées et soirées intenses, cinq heures de sommeil par nuit, j’avais encore de l’énergie pour aller au Lieu Unique et aller aux Rencontres de Sophie, un cycle de conférences en philosophie qui avait pour thème « Habiter la Nature ». Mieux encore, j’avais vu passer le nom « Gilles Clément », un nom qui m’était familier lorsque j’étudiais les jardins et je me rappelle avoir même été un peu triste de ne pas avoir pu caser une référence ou deux dans mon mémoire (ce n’était pas tout à fait le même sujet). Les concepts de jardin en mouvement et de jardin planétaire me parlent et j’étais vraiment curieuse d’écouter ce qu’il avait à nous raconter…

On entend parler de dialogue avec la nature, de laisser le temps au temps, du terme même de « nature » et de la distance que ce terme pose entre nous (humains) et le reste du vivant. Le message de Gilles Clément est positif ce qui honnêtement fait du bien à entendre. Cependant, devant sa simplicité et son air amusé, on comprend également que le travail doit venir de nous (« on est tellement liés [à la nature] qu’on en fait partie »).

Une dame lui demande comment nous pourrions vivre avec la temporalité de la nature alors que nous vivons dans une civilisation qui va si vite. « Changer de gouvernement. » Une réponse en trois mots, mais qui dit beaucoup. La friche n’est plus un lieu d’abandon du pouvoir mais un territoire permettant de célébrer la diversité. Et lorsque Gilles Clément nous parle de ces personnes qui ont fait des études longues, ont vécu quelques années la temporalité de notre société actuelle, avant de tout arrêter quitte à gagner (beaucoup) moins d’argent, tout cela en échange d’une vie moins stressante, évidemment, nous nous sentons concernés.

« Quand on ne fait rien, on est utiles à tous » (il rit un peu, disons, que ça s’applique au jardinier). Et je me rappelle qu’il y a un an, alors que j’étais en train de digérer les grands événements d’un chapitre de ma vie, ne rien faire pendant un temps pour me laisser pousser, c’était effectivement ce que j’ai fait de mieux pour mon épanouissement personnellement.

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Les formes touchantes de la nature.
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Il y a quelque chose d’adorable dans ces petites plantes recroquevillées sur elles-mêmes.

Je déblatère sur Gilles Clément à Nantes, mais nous sommes en réalité à Valencia, en Espagne (du moins, sur les photos !). Valencia, traversée par son fleuve-jardin, est une ville incroyable, avec une histoire bien présente et vivante sous chacun de nos pas. En arrivant là-bas, j’avais décidé de prendre un appartement à deux pas du jardin botanique, juste pour le plaisir de vivre à côté d’un jardin, comme lorsque je vivais au pied du jardin des plantes à Nantes. Le jardin botanique dépend de l’Université et juste pour ça, j’aurais voulu y étudier ! La collection est très riche et ce, malgré la saison. Mieux encore, il y a une multitude de serres ! Voilà donc encore un jardin botanique à ajouter à ma collection de visites de jardins à travers le monde…

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Des orchidées dans la serre… aux orchidées. Ce sont des jolies fleurs, mais pas vraiment mes préférées.
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En réalité, je préfère largement les feuilles des orchidées que les fleurs elles-mêmes. Bizarre, non ?
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L’Umbracle, ou ombrage, une structure qui n’est pas vraiment une serre, puisqu’elle sert surtout à avoir de l’ombre (est-ce que je raconte quelque chose de logique, là ?). Je trouve cette image marrante, entre art et nature.

J’aperçois un chat, puis un second, un troisième et finalement, toute une flopée de chats ! Des plantes et des chats. Il ne m’en faut pas beaucoup plus pour être comblée.

Ah, si, peut-être quelques cactus en plus, et du soleil. J’ai énormément marché dans Valencia, entre six et huit heures par jour, car j’avais besoin d’être en mouvement et d’être dehors. Après plusieurs semaines complètement moroses à Nantes, j’avais oublié l’effet d’être bien dans la nature. Je crois bien que la dernière fois, c’était d’ailleurs en Estonie. Comment peut-on se perdre comme ça ?

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Encore une petite serre, à moitié enterrée, et dédiée aux cactus. J’ai l’impression d’entrer dans un aquarium.
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Un cactus qui ressemble à un cupcake.
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A Valencia, les carpes koi nagent dans le ciel.
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Trop de soleil, pas de problème !
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Ce style capillaire est impressionnant !
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Les palmiers veulent voir le monde.
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La nature reprend ses droits dans les allées du jardin. Demi-tour ?
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Vous voyez quoi ? J’y vois un mouton stylisé, debout sur deux pattes avec des airs de rockeur. Ouais.
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Avant de quitter le jardin, je me fais des copains.

Après quelques heures à déambuler dans le jardin, je marche encore un peu jusqu’au Bluebell Coffee pour un brunch gargantuesque en terrasse en compagnie d’un livre de science-fiction. Quel bonheur de manger une immense tartine à l’avocat qui rappelle l’été, les meilleurs pancakes de ma vie (sérieusement, ce matcha !) et de l’incroyable Foundation d’Asimov que j’aurais dû lire il y a bien longtemps…

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