J’aurais pu nommer cet article « Thanksgiving », mais c’était un peu trop banal. Cette année, nous avions réservé Halona, le chalet appartenant à Pomona College, pour aller y manger une raclette entre amis. Un « Friendsgiving » comme on l’appelle ici… Mais cette année aussi, Thanksgiving, c’était quelques jours avant et quelques jours après alors je vous invite à venir découvrir ces jolis souvenirs créés sous le signe de l’amitié (et de la nourriture aussi, avouons-le).
N.B. La photo de couverture a été prise avec l’appareil photo de Grete !
Nos deux magnifiques tartes à la citrouille. Il est 19:36 alors les tartes ont juste le temps de tiédir avant qu’on parte !
Le week-end d’avant, Rhiannon, coordinatrice du club de Blues, organisait une sortie à Los Angeles pour aller danser la fusion dans un événement assez connu dans les environs « Angel City Fusion ». Pour Thanksgiving, l’entrée était gratuite à condition de ramener une tarte. Rhiannon étant végane, nous avons décidé de cuisiner deux tartes à la citrouille végétaliennes, plus pour le plaisir de cuisiner qu’autre chose (le prix de l’entrée étant plus que raisonnable). D’une, je pense sincèrement (et Grete et Rhiannon partagent mon avis) que c’est une des meilleures tartes que nous ayons jamais mangées et pas seulement parce que danser donne faim, et de deux, nous avons passé une des meilleures soirées dansantes du semestre !
Découpage des sablés
Décoration des sablés
Pour cette célébration familiale (où mes amis font office de famille d’accueil), les sablés aux amandes sont de rigueur ! J’ai investi dans quelques emporte-pièces et le chat a eu beaucoup de succès auprès d’Ariane…
De la décoration réalisée en grande partie par Alex et Ariane.Une des photos prises pour l’interview réalisée par le journal de Pomona. La dame qui nous posait les questions semblait un peu désespérée, car nous ne parlions que du fait que nous allions cuisiner et manger et je crois qu’elle espérait des propos un peu plus mièvres et plein de bons sentiments. Pourtant, réussir à partager une raclette avec des amis perdus dans un chalet en Californie, c’est déjà un exploit en soi, non ?Jeudi matin, la nourriture se trouve dans la glacière, l’appareil à raclette a été testé (et fonctionne !) et bagages sont prêts. S’ensuit un jeu de tetris pour caser les affaires de 10 personnes dans deux voitures……mais nous voilà en route !
Jeudi 23 Novembre 2017, 2h03, quelque part au milieu du désert entre Claremont et Idyllwyld.
Sieste terminée, j’ai passé les deux dernières soirées à danser le swing à Los Angeles accompagné d’Isaiah, un autre mordu de danse. Hier, nous étions d’ailleurs à Orange, avec un big band venu joué exprès pour la soirée annonçant le week-end de Thanksgiving : ambiance Retour vers le Futur assurée, surtout lorsqu’on nous annonce que la touche originale du dernier morceau sera la guitare électrique. Le groupe était génial mais apparemment, qui dit live band dit forcément swing endiablé, loin de mes Count Basie ou Artie Shaw favoris qui sont nettement plus tranquilles…
Maintenant nous sommes dix serrés dans deux voitures, et tout est rentré dans le coffre : la tarte à la citrouille végétalienne, les sablés aux amandes décorés avec amour, les deux kilos de raclette, et autres provisions. On espère du froid et de la neige, mais il faut croire que la météo jalouse notre raclette et a décidé qu’il ferait très beau et surtout très chaud, même la nuit. Pourtant, nous avons eu de basses températures ces dernières semaines ! « Basses » est un terme relatif, mais disons qu’il faisait suffisamment frais pour faire jaunir les feuilles et donner à Claremont des allures automnales, chose que nous n’avons pas eu avant mi-décembre l’année dernière. Soit, pour la raclette, on n’aura qu’à allumer la clim’…
Maintenant, il faut tout décharger. Personne n’a vomi pendant le trajet sur les routes de montagnes même si c’était apparement moins une pour quelques résidents de langue.Nous décidons de profiter du bel après-midi pour aller nous balader dans le village. Ariane est très classe en rayures et solaires.
Un petit écureuil.
Des enseignes délicieusement pittoresques et qui prennent un petit caractère romanesque supplémentaire sous cette belle lumière
Quel plaisir de retrouver l’idyllique Idyllwild ! Surtout, dans la montagne où il fait un peu plus frais, l’environnement a pris des airs d’automne véritable. Lumière dorée, feuilles rousses, légère brise, j’ai l’impression d’être entrée dans un nouvel univers et ce passage dans une brèche spatio-temporelle différente est plus que bienvenu.
Je ne sais pas si l’orthographe est intentionnelle ou pas.Le monument de la ville s’appelle Harmony et a été créé par David Roy en 2012. Avec cette photo de l’équipe presque au complet, je trouve que c’est encore plus symbolique !Ariane devant un glacier… Normal.Autour de nous, des arbres et des montagnes.
José et son amie Marta posent parmi les animaux d’Idyllwild.
Avec le panneau « Nous vendons de la laine », je veux effectivement bien croire qu’Ariane et José forment une paire très « arty » !
On achète du bois pour allumer un feu une fois de retour à Halona, on s’arrête devant une agence immobilière pour choisir le chalet hors de prix dans lequel on voudrait vivre et on visite les boutiques un peu excentriques du village, de celle qui vend des confitures maison à celle de la diseuse de bonne aventure. Tout est paisible et les messages sur les portes des magasins indiquant de laisser son chien et son cheval (!) dehors avant d’entrer donnent vraiment l’impression d’être entré dans un monde à part.
Les guirlandes lumineuses sur fond de soleil presque couchant annoncent la soirée festive à venir.Ces couleurs vous semblent peut-être banales, mais l’automne en Californie du Sud est quasi inexistant. En triant mes photos, je me suis rendue compte que ma carte mémoire était remplie de photos d’arbres, de feuilles, de couleurs orangées, preuve que j’étais vraiment ravie de pouvoir goûter un peu à cette saison.Bon, encore une et puis j’arrête. Lors de ma première visite à Halona, je n’avais pas eu l’occasion de visiter le village…
Mykyta met la table
Alex est aux fourneaux
Guillaume, José et Marta assurent la partie « techologique »
De retour à Halona, on s’affaire. Il faut bouillir les pommes de terre, faire cuire le pain, mettre la table, mais aussi allumer le feu, installer la Wii (qui n’a jamais marché malheureusement), mettre un peu de musique et allumer de jolies lumières. La préparation d’une fête est d’après moi, toujours l’un des meilleurs moments…
Le papier entre chaque tranche de fromage, c’est vraiment… américain (et inutile).
Maggie devait venir avec nous à Halona, mais un appel téléphonique avec une famille importante en Chine pour ses recherches l’en a empêchée. Pour s’excuser de ne pas pouvoir venir, elle nous cuisine un poulet. Ce n’est pas très logique et en même temps, c’était très touchant de sa part !
J’avais commandé la raclette dans la fromagerie du village et j’avoue avoir été un peu dubitative quant au résultat : hors de prix (le double de ce qu’on paierait dans une bonne fromagerie française), texture un peu sèche, emballage étrange… Finalement, elle s’est avérée très bien ! Ouf.
L’effet « Halona Um Na Na »A table ! Encore un petit moment de patience pour prendre quelques photos et ensuite, nous allons enfin pouvoir dévorer cette raclette qui a tant fait parler d’elle ! (Hugo, Laura _une étudiante de russe, qui était aussi dans mon cours de français le semestre dernier, Alex, Grete, Marta, José, Ariane, Mykyta et Guillaume)Ariane et Mykyta posent avec le plus mignon des sablés aux amandes. Malheureusement le chat connaîtra un destin tragique…
« Les coulisses de la scène de décapitation du chat » (photo prise par Grete)
La raclette façon Marina : une seule pomme de terre coupée en quatre, quatre tournées de raclette, plein de salade recouverte de moutarde à l’ancienne, le tout accompagné de quelques cornichons.
Pour le dessert, tarte à la citrouille végétalienne (oui, encore elle, c’est devenu une obsession !) recouverte de crème chantilly végétalienne à la noix de coco et accompagnée de glace à la pistache.
Raclette, pain estonien, tarte à la citrouille végétalienne, glace et sablés aux amandes : on peut faire difficilement meilleur ! Notez aussi que pour beaucoup d’entre nous, la raclette d’Halona était un peu le baptême dans la culture fromagère française. Même Grete qui a passé une année en France n’avait pas eu l’occasion d’y goûter.
Pour la digestion, rien ne vaut un peu d’exercice phyisque !Et c’est parti pour plusieurs parties de Twister endiablées……dans lesquelles on a plus ou moins respecté les règles. Personne ne s’est blessé et les muscles abdominaux ont beaucoup travaillé !
On est myopes (et plus de l’oeil droit que de l’oeil gauche), on porte des lunettes à monture « écaille de tortue », et on aime particulièrement la crème chantilly sur les desserts. Le profil de l’historienne de l’art ?
Quelques explications sur le titre de l’article. José avait nommé l’événement « Halona Um Na Na » en référence à une chanson intitulée Havana. Depuis, lorsque nous entendons cette chanson, nous pensons à Halona et dans l’autre sens, plus possible de prononcer Halona sans ajouter le « Um Na Na » derrière…Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, j’ai juste eu le temps d’attraper mon téléphone pour capturer cette drôle de scène qui se déroulait à ma fenêtre : une petite queue touffue se trémoussait toute seule, l’animal étant affairé sur le toit…A huit heures du matin, je me lève en catimini alors que tout le monde dort pour aller me promener. Plutôt que de descendre dans le village, je décide de partir dans le sens contraire… J’ai profité de la quiétude matinale pour méditer un peu. Les différents chalets devant lesquels je suis passée étaient tous plus charmants les uns que les autres : en forme d’igloo, avec des passerelles en bois, de grandes baies vitrées…
Déjà de retour au travail
José ramène les bagels grillés pour le petit déjeuner
Une fois de retour, je commence à préparer le petit-déjeuner avec ceux qui sont enfin réveillés. Le pain estonien passe très bien, et j’aurais été prête à le manger avec le beurre à l’ail maison de la veille s’il en était resté… Mais les petites confitures à la mangue et à la fraise achetées par Guillaume dans le village ont très bien fait l’affaire.
Nous sommes de retour à Oldenborg !
Le pain estonien maison
Le soir, de retour à Claremont, on refait une soirée raclette avec les restes, en comité réduit cette fois : il y a assez de nourriture pour refaire un grand dîner avec Alex, Ariane, Grete et Isaiah. La seconde raclette est aussi bonne que la seconde et nous avons même initié une nouvelle personne de notre cercle d’amis aux joies des plats d’hiver à la française !