Le British Museum à Londres : « Il est joli ce gros caillou »

Un des gros avantages de Londres réside dans la gratuité de ses musées : Le British Museum, la National Gallery, le Tate, le muséum d’histoire naturelle… Quel plaisir de pouvoir avoir accès à l’art et au savoir sans alléger son porte-monnaie. Aux États-Unis, les billets avoisinent les 25 dollars, et mis à part quelques rares exceptions, il n’y a pas de réductions même pour les étudiants, sauf si on est un mécène ayant déjà déboursé une grosse somme d’argent pour le musée. Bref, j’ai donc pu visiter ce mastodonte de musée qui est une référence pour n’importe quel féru d’art, d’histoire ou d’archéologie.

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Avant d’entrer dans le musée, il faut faire la queue dehors le temps de passer la station de contrôle des sacs. Heureusement, il ne pleut pas (trop).
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A l’intérieur, on ne sait justement pas trop si on est à l’intérieur ou à l’extérieur : on distingue plusieurs bâtiments juste reliés par cette immense verrière.
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Premier arrêt : la Pierre de Rosette, l’unique, la vraie. Malgré le monde, je dois avouer que la vue de cette pierre est capable de réveiller les aventuriers et explorateurs même cachés au plus profond de nous. Je regrette un peu de ne pas avoir poussé l’étude des hiéroglyphes pendant mes années de licence car aujourd’hui, je ne me souviens de rien.

L’avantage de visiter un musée avec sa mère, c’est de pouvoir comparer nos deux visions sur les vestiges présentés. J’admire tout le pragmatisme de ma mère qui aurait été capable de remeubler la salle de bain avec « oh un évier ! » (photo en haut à gauche) et « oh une baignoire » (photo en haut à droite).

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Une représentation d’un jardin égyptien dans la tombe de Nebanum (vers 1350 av. J.-C.). J’adore cette manière de représenter les paysages, l’architecture et les êtres vivants : zéro souci dans la représentation des trois dimensions, mais une composition qui reste claire. On peut trouver une visite virtuelle de la tombe en cliquant ici.
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Fukami Sueharu, Soar, 2007. J’adore le mouvement et le dynamisme de la sculpture : même mon appareil photo a reconnu cette oeuvre comme objet en mouvement…

Nous avons passé finalement pas mal de temps dans The Mitsubishi Corporation Japanese Galleries qui sont dédiées, comme il est indiqué, à l’art japonais. A l’entrée, je suis restée bouche bée devant une oeuvre de Konno Chuichi, Echoes of Early Spring (Soshun no Hibiki – 早春の響), 1992. On y voit une cascade, et dans le coin supérieur droit, une cime enneigée, détail un peu caché qui par je-ne-sais quel artifice, m’a profondément émue. Une sensation d’être abritée dans une forêt, peut-être ? Le ciel est effectivement assez peu visible.

D’autres sculptures japonaises m’ont touchée par leurs jeux de textures. Ci-dessus, il s’agit d’acier recouvert de cire d’abeille et on pourrait croire qu’il s’agit d’une oeuvre aquatique. Ci-dessous, j’imagine l’oeuvre se mouvoir au gré du vent. J’avoue que le British Museum n’est pas forcément un musée que je visiterais tous les week-ends, car j’aime l’archéologie à petites doses. Néanmoins, ce musée abrite aussi quelques véritables trésors qui m’ont laissé un souvenir marquant.

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Hosono Hitomi, Large Feather Leaves Bowl, 2013. Il s’agit de porcelaine : quel travail ! On imagine pourtant un matériau assez souple comme de la cire. Même du tofu me semble plus plausible que de la porcelaine !
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Une théière réalisée entre 1826 et 1875 pour servir le thé Sencha, un thé vert japonais. Les couleurs sont sublimes et cette association de trois couleurs serait inspirée des céramiques réalisées dans le Sud de la Chine à la même époque.

Ci-dessus, les petites sculptures sont des netsuke. Il s’agit de taquets que l’on accrochait à sa ceinture pour pouvoir y faire pendre une sacoche ou bourse. Pour chaque objet existant sur Terre, les Japonais ont son équivalent kawaii (mignon). La preuve en image.

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Utagawa Kuniyoshi, Yokohama Main Street, 1860. On dirait une bande-dessinée.

Finalement, passés les vestiges antiques et moyenâgeux qui me laissent souvent de marbre, j’ai beaucoup apprécié la pièce dédiée au temps. Associée à la visite de l’Observatoire de Greenwich, j’ai eu la sensation que la maîtrise du temps était un sujet important pour les Anglais : coïncidence ou théorie avérée ? Je pense qu’il y a, dans tous les cas, une page importante de l’histoire de l’exploration qui a été écrite avec les Anglais alors ce n’est peut-être pas si illogique.

Pendant notre goûter, nous partageons notre table avec une dame qui nous propose de goûter à ses olives et ses amandes, une carte étalée devant elle. De l’autre côté de la table, une autre femme toute menue s’apprête à attaquer un gigantesque afternoon tea (trois plateaux de choses à grignoter). J’engage la conversation avec la femme à la carte et il s’avère que nous avons, sans le vouloir, créé une table d’Américaines, ayant toutes un lien avec la Californie. Victoria travaille dans plusieurs villes des Etats-Unis et toutes les deux, nous discutons de voyage, d’éducation, de mariage et du fait d’être une femme aujourd’hui, puis Jennifer (la Canadienne d’origine chinoise vivant à San Francisco et toujours en train d’engloutir son énorme goûter) rejoint la conversation. Elle nous raconte ses envies de voyages et la pression d’être une femme seule aimant explorer le monde lorsque l’on vit dans une famille qui ne comprend pas toujours très bien cette passion. Victoria, quand elle apprend mon prénom, ouvre de grands yeux et me dit que c’est la première fois qu’elle rencontre quelqu’un qui se prénomme comme sa fille. Voilà que nous appelons Marina au téléphone, qui vient tout juste de se réveiller dans son lit au Chili. Drôle de monde, n’est-ce pas ? Encore une fois, les connexions entre les gens se révèlent de manière étonnante, à une table dans un restaurant de musée d’un pays étranger. Lorsque la conversation a démarré, je me suis dit que ces femmes étaient plutôt chaleureuses pour des Anglaises et que je comprenais plutôt bien leur accent. D’une part, je viens de vérifier une fois de plus le caractère cosmopolite de Londres. D’autre part, le côté amical et simple (friendly) des Américains m’a vraiment réchauffé le coeur.

Il est déjà tard et le musée ferme bientôt. Après ce goûter qui s’est avéré plus long que prévu, nous déambulons dans plusieurs pièces pour tenter de voir ne serait-ce qu’un centième de ce qu’il reste à voir. Je m’arrête devant les Symbolistes, que je trouve toujours tendres et effrayants à la fois, surtout Odilon Redon qui me rappelle Tim Burton. C’est un peu l’art de rendre les monstres des cauchemars attachants, voire presque rassurants, et on en viendrait presque à caresser cette araignée comme un chat…

 

 

2 commentaires sur “Le British Museum à Londres : « Il est joli ce gros caillou »

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