Du soleil, de la pluie, du jazz, du swing, de la salsa, des sciences et de l’art : Boston nous en fait voir de toutes les couleurs, et je pèse mes mots. C’est la ville américaine la plus européenne qui’il m’ait été donné à voir jusqu’à présent et finalement, ce n’est pas cet aspect-là qui m’a le plus marquée. Pour moi, Boston est avant tout une ville où prédomine l’éclectisme. Elle tient à son passé et reste bien ancrée dans le présent.

Manhattan Transfer – Skyliner (choix qui m’est directement inspiré de la skyline de Boston !)

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Première bonne surprise à l’aéroport de Boston : la navette vers le centre-ville est gratuite et à mi-chemin, on s’arrête un court instant pour s’intégrer au réseau de transports électriques. Au top ! Voilà Joaquin avec sa grosse valise devant les premiers gratte-ciels que nous avons aperçus en sortant du bus.

C’est un article un peu « en vrac » avec des photos prises tout au long de ces six jours passés sur la côte Est. Les prochains articles seront plus thématiques. En attendant, je trouve cette introduction plutôt sympathique pour tenter de vous montrer un peu l’ambiance générale, qui swingue dans sa variété. Joaquin et moi étions pas mal fatigués après cette dernière semaine à Pomona alors nous avons alterné visites de la ville et sessions de travail/lecture dans un café, de quoi profiter pleinement de notre séjour.

Nous disposions d’un guide fantastique réalisé par un couple d’amis de Joaquin : endroits où manger, lieux à visiter, conseils pratiques, et petites informations pour passer pour un local (on ne dit pas le « métro », on dit le « T » _prononcez « ti »_ à Boston !), etc. Tout y était ! Et comme pour Seattle où nous avions le superbe guide de mon amie Lola, découvrir Boston de manière un peu personnalisée change complètement la donne. On se risque un peu plus à essayer le tout petit restaurant situé dans une ruelle minuscule ou à éviter un musée à 2500 dollars l’entrée et qui ne vaut finalement pas le coup.

Aussi, nous avons rencontré Lucy, l’amie de Joaquin qui nous a fourni le guide ; elle nous a accueillis le premier soir dans un restaurant de Chinatown et nous avons eu l’occasion de passer de très chouettes moments avec elle. Justement, après le dîner, elle nous a emmenés danser au MIT qui organisait une soirée « Swing Fusion ». Il y avait un groupe qui jouait et pendant les pauses, un DJ prenait le relais et on continuait de danser sur tout, sauf du swing (la partie fusion je suppose). Malgré mes maigres notions en East Coast Swing, je me suis malgré tout bien amusée et j’ai même réussi à improviser un semblant de tango sur du blues (ma manière de penser « fusion », je suppose).

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¡Benvenidos! Un peu comme à Montréal, je suis tombée sous le charme de l’architecture de la ville. Les briques rouges, le fer forgé noir, les ruelles pavées soulignées de grands arbres verts, c’est sûr qu’on n’en trouve pas en Californie !

Je voulais visiter Boston, car j’avais souvent entendu que c’était la ville la plus agréable à vivre des États-Unis. Effectivement, plus petite que la plupart des grosses villes du pays, on s’y sent plus à l’aise. Je l’ai déjà précisé un peu plus haut, mais Boston ressemble à une ville européenne. Tout d’abord, oubliez le quadrillage des rues aux noms de points cardinaux ou d’ordinal, ici les rues portent de vrais noms et les rues partent dans tous les sens. Il y a même des ruelles et des impasses ! Ensuite, peut-être est-ce dû aux rayonnements des nombreuses entreprises de technologie, mais les transports publics sont largement mieux gérés ici qu’ailleurs. Aucunement besoin d’une voiture et c’est bien trop rare pour ne pas le préciser. Enfin, étant une des plus anciennes villes des Etats-Unis, Boston a ce petit je-ne-sais-quoi qui la rend un peu plus vivante : moins aseptisée, tout comme à Seattle, la présence visible de son passé lui confère un charme qui pour les plus imaginatifs d’entre nous booste la créativité.

L’eau est également omniprésente. La Charles River, sublime rivière, est visible d’un peu partout : du T lorsque l’on se rend à Cambridge et d’où se dévoile la magnifique skyline de Boston, des petits parcs qui longent le bord de l’eau ou même de certains bâtiments dont le musée des sciences. En parlant d’eau, nous avons eu aussi pas mal de pluie les premiers jours. Ces journées grisâtres et froides nous ont conduits directement dans les musées. Heureusement, cela n’a pas duré et le soleil a fini par largement briller : quel bonheur de pouvoir sortir sans manteau, de voir le soleil se coucher tard et d’être dehors à 23 heures alors qu’il fait encore doux !

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La Charles River : les coureurs et les cyclistes bravent le vent glacial et viennent s’entraîner au bord de l’eau.
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Petite pause sur un ponton.
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La cour intérieure de la Public Library. La bibliothèque publique est un endroit magnifique avec des peintures incroyables du début du siècle dernier (Edwin Austin Abbey, John Singer Sargent) et des lampes opalines dans la salle de lecture principale (le détail qui fait la différence !).
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Toujours dans la Public Library, l’espace dédié aux plus jeunes lecteurs est le préféré de Lucy. En effet, l’endroit est isolé du reste de la bibliothèque, ce qui permet aux enfants de gazouiller librement dans un décor très gai ! La bibliothèque dispose d’une très belle collection parmi laquelle j’aurais pu passer un après-midi si j’en avais eu le temps. Surtout, il y a de petits chemins aménagés réservés aux enfants, ce qui permet de naviguer entre les rayons. Et lorsque l’on passe en dessous, le fauve blanc s’illumine (oui, oui, j’ai testé !).

Qui dit Boston dit aussi Massachusetts Institute of Technology et Harvard pas loin ! Nous nous sommes baladés du côté de Cambridge pour découvrir ces lieux un peu prestigieux. Au final, pour un touriste, je trouve que le MIT n’est pas différent d’une autre université. Ou alors je dirai qu’il ressemble plus à une école de design (un endroit à la décoration très sobre et à l’aspect brut pour laisser les étudiants déployer leurs trésors d’inventivité artistico-expérimentale, si vous voyez ce que je veux dire) qu’à une université. Harvard aura eu plus de charme à nos yeux, même si les Claremont Colleges restent bien entendu les plus beaux !

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« Black Lives Matter » et drapeau gay : on en voit un peu partout, mais à l’entrée d’une église, c’est suffisamment rare pour devoir le noter.
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« Veritas », devise simple et efficace d’Harvard.
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Une devanture qui m’a énormément rappelé l’Académie Blackwell, école fictive du jeu vidéo Life Is Strange.
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Le Memorial Hall, qui ressemble à une église très Gothic Revival, mais qui n’en est pas une !

Le clou du spectacle à Harvard, c’est ce mémorial dédié aux étudiants qui ont combattu durant la Guerre de Sécession. C’est un monument très ostentatoire : on s’attend un peu à pénétrer dans une église… En réalité, le bâtiment rassemble le mémorial, une salle de théâtre et une grande salle de réception (qui devait servir de réfectoire). Nous n’avons pu visiter ni cette dernière, ni le théâtre donc je suis allée faire ma curieuse sur Internet : on découvre un petit côté « Poudlard, école des sorciers », non ?

La partie la plus amusante a été le département des sciences d’Harvard, véritable petit musée. On y découvre du vieux matériel pédagogique, des instruments de mesure en tout genre, des objets dont on ignore l’utilisation et surtout plusieurs belles pièces qu’on aurait bien emporté dans notre valise. Quelque part, cela me rappelle un peu mon lycée, qui possède lui aussi une très belle panoplie d’objets collectés tout au long de ses deux cents ans et quelques années d’existence.

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Le cyclotron ! Je ne sais pas si c’est un effet secondaire de l’accélérateur de particules, mais après avoir visité l’exposition sur le collisionneur HLC au Palais de la Découverte à Paris il y a quelques années, je ressens toujours une grande pointe d’enthousiasme face à ce genre d’instruments.

Un des points positifs non négligeables de notre séjour à Boston, c’est que nous avons très, très bien mangé. Nous avions un guide avec les meilleures recommandations et je dois avouer que cela a été plus que parfait. Beaucoup de petits restaurants qui ne paient pas de mine vus de l’extérieur, mais qui se sont avérés délicieux. Nous avons trouvé le meilleur restaurant de sushis de la ville (Avina) à deux pas de notre auberge de jeunesse (on y est même retournés une seconde fois !). Cependant, je crois que la médaille des papilles ravies revient à The Daily Catch, un minuscule restaurant du quartier italien, spécialisé dans les fruits de mer. Une quinzaine de couverts tout au plus, on a l’impression d’entrer dans une cuisine et c’est peu de le dire puisque l’on vous sert directement la casserole sur la table. Très rapidement complet, on note toutefois une chose : la clientèle est exclusivement asiatique (si on exclut Joaquin). Nous en avons bien ri, jugeant que cela ne pouvait être qu’un signe de qualité !

Pour notre dernière soirée à Boston, mes pieds m’ont bien précisé qu’ils ne supporteraient pas une nouvelle session salsa après notre grande journée de visite alors je propose d’aller boire un verre dans un club de jazz nommé The Beehive. Le groupe de latin jazz, Claudio Ragazzi Band, qui jouait ce soir-là nous était inconnu, mais s’est avéré une très bonne surprise ! On est accueilli sur Libertango et Joaquin me jette un regard entendu : « on est au bon endroit ! ». Je n’ai malheureusement trouvé que cette vidéo où l’on voit le fameux Claudio Ragazzi et le bassiste Fernando Huergo, mais il y avait aussi un batteur et un vibraphoniste qui étaient très bons !

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Attention, collector : en cinq jours, nous n’avons réussi (pensé ?) qu’à prendre une seule et unique photo tous les deux… et c’était le dernier jour ! Vous avez donc eu droit à un petit condensé de ces quelques jours sur la côte Est des Etats-Unis. Quatre articles sont à venir dont trois sur des musées. Avides de culture, à bon entendeur…