Second jour pluvieux à Boston, mais pas de tout repos ! Nous nous sommes rendus au musée des Beaux-arts où nous avons littéralement passé la journée, avec une petite pause pour goûter aux meilleurs burritos de la ville (il fallait au moins cela pour reprendre des forces !).

En musique !

Une journée n’est clairement pas suffisante pour arpenter tout le musée de fond en comble, de long, en large et en travers. Une chose est sûre, les deux musées que nous avons visités ces premiers jours étaient horriblement chers (25 dollars chacun) et en même temps, heureusement, cela valait le coup. Pour l’anecdote, le musée des Beaux-arts anticipe un peu en proposant une seconde visite incluse dans le prix du billet, à condition d’y revenir dans les dix jours. Bon, mes convictions politiques continuent de me faire penser que la culture devrait être accessible à tous, mais c’est une autre histoire…

Deux expositions temporaires avaient lieu lors de notre visite : une sur Sandro Botticelli et l’autre sur Henri Matisse. L’avantage avec Joaquin, c’est que nos goûts picturaux s’accordent assez bien alors on visite généralement les mêmes parties des musées ensemble ! Je vous emmène donc voir un petit aperçu de ces deux expositions et un petit échantillon de ce que nous avons pu voir. J’insiste sur le « petit », car le musée est véritablement immense et que nous avons dû zapper une grande partie de ce qui était exposé.

La première exposition s’appelle Botticelli and The Search for the Divine. La collection d’oeuvres est tout bonnement impressionnante, et en même temps, le musée se targue de présenter la première plus grande exposition sur l’artiste jamais faite en Amérique du Nord. Rien que ça…

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O. Benintendi & G. A. Sogliani, Masque mortuaire de Laurent le Magnifique, 1492. C’est un visage tout à fait fascinant ! Jérémy (qui regarde par dessus mon épaule au moment où j’écris) m’a dit qu’il le trouve très charismatique. En tout cas, il laisse une forte impression.
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Matisse in The Studio est le nom de la seconde exposition présentée dans ce musée. Une petite touche française bienvenue, avec une exposition tout aussi incroyable que la première. Dans les deux cas, c’est plutôt la collection elle-même qui impressionne avec des oeuvres variées qui m’ont permis de découvrir des facettes des artistes que je connaissais moins.

La muséographie n’était pas le point fort du musée ; j’ai toutefois apprécié la didactique mise en place, notamment pour l’exposition sur Matisse. Le peintre collectionnait les objets d’art africain, puis les plaçait dans des compositions afin de les peindre. Alors, dans l’exposition on retrouvait souvent le tableau accompagné de l’objet qui avait servi de modèle lui-même. C’est une idée simple, mais efficace !

Toutes ces couleurs chez Matisse viennent égayer cette journée grisâtre. Cependant, ce qui m’a encore plus touchée, c’est cet exotisme que je ne connaissais pas chez lui ainsi que tous les portraits de femmes qu’il peignait inlassablement. J’ai trouvé Lorette, son modèle italien, fascinante du fait qu’on ne sait rien d’elle et que ses portraits semblent montrer à chaque fois une femme différente.

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L’architecture du musée est un mélange entre tradition et grandes pièces lumineuses très actuelles. Les espaces d’accueil sont décorés avec des oeuvres. C’est sympathique, même si on passe parfois à côté sans s’en rendre compte.
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Salle de conférence ou de déjeuner, en tous les cas, en étant bien entourés.

Après avoir visité les deux expositions, nous décidons de revenir à la la collection permanente en décidant de jeter un oeil à la partie dédiée à l’art américain qu’en bons européens que nous sommes, connaissons très mal. On se plonge très vite dans l’ambiance avec une exposition réalisée par Pablo Helguera, Club Americano. Je trouve le concept très « américain » puisqu’elle met l’accent sur le côté « communautaire ». Bref, les oeuvres sont moins mises en avant : l’idée prime sur l’oeuvre. Plus d’informations sont disponibles par ici.

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Avec le tableau de Warren & Lucia Prosperi, Museum Epiphany III (2012), le dialogue avec la véritable statue et le spectateur (nous !) est plutôt amusant ! Un de mes meilleurs moments muséaux !

Ci-dessus, je vous présente mes petites trouvailles ! Il y a quelques-uns de mes classiques, découverts (Monet) ou redécouverts (Singer Sargent), mais aussi des nouveautés, le tout dans une balade très inspirante !

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Boston, grise et verte.

Après un petit tour chez les Américains, nous revenons nous promener dans les espaces dédiés à l’art européen, avant de nous tourner vers l’art contemporain. La partie dédiée à ce dernier nous a valu quelques fous rires. Joaquin me disait que l’art contemporain était parfois un peu trop mystérieux pour lui et qu’il aurait bien voulu comprendre ce qui nous intéressait autant dedans. Mon plaidoyer de l’art contemporain aurait été magnifique si nous n’avions pas enchaîné les salles un peu bizarres : plongés dans l’obscurité à écouter la bande-sonore d’un one-man-show ou face à un écran à contempler des nuances de bleus…

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Edgar Degas, La Petite Danseuse de Quatorze Ans, 1878-81. J’aime cette sculpture, car elle me rappelle un de mes cours de français sur l’art. Il s’agit de l’oeuvre préférée d’une de mes étudiantes et elle l’avait présentée devant la classe. C’était un des jolis moments de ce semestre de cours !
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Josiah McElheny, Endlessly Repeating Twentieth Century Modernism, 2007. Le rendu est tout bonnement incroyable ! J’essaie encore d’en comprendre les ficelles…
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C’est pas faux.
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La transition est un peu abrupte, non ? Mais nous voilà dans l’aile résolument contemporaine du musée des Beaux-arts de Boston ! Les gens tombent du ciel, et on ne sait plus trop si on a le droit de s’asseoir sur les bancs-oeuvre d’art (voir l’espèce de chose bleue sur le sol).

A propos de l’oeuvre de Daniela Rivera (ci-dessus), j’ai trouvé une autre photographie qui rend un peu mieux compte de l’installation ici.

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Ernesto Neto, Prisma Branco, 2008. La photo est un peu floue, mais l’artiste tient une place chère à mon coeur puisque je l’ai découvert en 2009 au musée des Beaux-Arts de Nantes. C’est reconnaissable de loin !
11 Ernesto Neto - A Culpa Civilizada
Passons de l’autre côté de l’Atlantique avec cette photographie de l’oeuvre A Culpa Civilizada d’Ernesto Neto (2009, Musée des Beaux-arts de Nantes) que j’ai retrouvée dans mes archives. A ce moment-là, je passais mes heures de permanence avec une amie allongée sous l’immense installation de la Salle Blanche… Le lien étroit entre l’oeuvre et l’histoire de Nantes m’avait alors beaucoup touchée !
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Le(s) mot(s) de la fin. Pour finir à Boston ! (Jeppe Hein, Please…, 2008)