Nous voilà partis vers le Sud du Laos, vers Paksé et Si Phan Don (les 4000 îles), après quelques jours mouvementés à Vientiane.

Lundi 2 Janvier 2017 (!), midi, Done Khone, sur la terrasse de notre bungalow, avec vue sur le Mékong…

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Coucou ! Petit extrait de mon journal… Je continue d’écrire et d’étudier, même en vacances !

Pour nous rendre dans le Sud, nous avons pris le bus de nuit à Vientiane. Mone, toujours aux petits soins, nous a accompagnés jusqu’à la station et nous avait également préparé un petit pique-nique à base de riz gluant, de viande séchée et de bananes. Installés sur la couchette, c’est parti pour dix heures de voyage direction Paksé, à 670 kilomètres de la capitale.

Le sleeping bus reste une bonne option pour traverser le pays, mais seulement si vous voyagez dans le sud du pays (en-dessous de Vientiane). Aller à Luang Prabuang dans des bus avec couchettes, c’est possible, mais l’état et la forme de la route requièrent que vous ayez « les tripes » pour supporter le voyage. La route pour Paksé est relativement confortable, entretenue et droite, donc cela passe mieux, mais on ne peut pas dire qu’on est frais comme des gardons en arrivant non plus !

Le voyage s’est déroulé sans encombre : allongée dans le bus, sur la route non éclairée, je voyais défiler les étoiles à travers la vitre comme une lanterne magique géante.

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A Paksé, cela devient plus compliqué. On profite du lever de soleil parmi les montagnes environnantes, puis il faut trouver la compagnie de voyage qui doit nous emmener plus loin dans le Sud jusqu’à Si Phan Don.
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Un hôtel à Pakse, le Champasak Palace Hotel, qui s’avère être un ancien palais royal

La ville prend des airs de Vientiane bis et les gens ne sont pas très aimables. Un samlor nous emmène au milieu d’un marché prétextant que les bus se trouvent à cet endroit et nous sommes assaillis par les propositions des chauffeurs de touk-touks qui veulent nous amener partout, sauf là où nous voulons aller.

N.B. : L’histoire du lien entre Pomona College et le nombre 47, c’est par là.

Heureusement, Mr Boun, le responsable de Green Paradise, vient nous chercher pour nous ramener dans son agence. C’est reparti pour trois heures de bus jusqu’à Nakasang… mais voilà enfin le ferry (le mot est fort !), dernier rempart entre nous et l’île de Khone Done.

Le paysage est juste époustouflant. Surtout, lorsque le moteur de notre embarcation se coupe, une drôle de sensation émerge, car tout est silencieux. Aucune voiture. Aucun brouhaha urbain.

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Nous chuchotons et nous filons jusqu’à la merveilleuse guest-house depuis laquelle je vous écris. Jérémy est déjà parti réserver une deuxième nuit ici…
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…et je pense qu’il y en aura aussi une troisième.
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Pendant que je noircis les pages de mon carnet, j’ai vu passer des poules, une multitude de petits papillons bleus et jaunes, des papillons noirs tellement gros qu’on dirait des oiseaux, des hirondelles, des chiens, des chats. Le silence n’est troublé que par les insectes qui volètent, le moteur des embarcations sur l’eau, les cris des oiseaux, un cocorico, l’eau qui suit son cours, parfois quelques pas qui traînent sur les pavés, des bruits en cuisine…
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D’ailleurs, on commence à avoir faim ! Petit riz cantonais, plat de base pour nos déjeuners : celui de la guest-house était vraiment très bon.

Pour se déplacer sur l’île, trois choix : à pied, sur deux roues, ou en tracteur. Il n’y a pas de voiture, et c’est juste merveilleux. Quant au vélo ou au scooter, la location ne coûte pas très cher donc cela peut être agréable pour se déplacer un peu plus vite.

Néanmoins, Jérémy et moi, fidèles à nous-mêmes, avons tout fait à pied. C’est parti pour l’exploration de l’île de Done Khone !

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Le « Stanadge Edge » laotien : on se la joue à la manière d’Orgueil & Préjugés

La promenade sur le chemin de terre donne l’impression d’être à la campagne. Quelques fois, j’ai l’impression d’être chez mes grands-parents, Jérémy, dans sa campagne brissarthoise. Les espèces végétales nous rappellent l’exotisme de l’endroit, mais les comparaisons sont troublantes.

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Alors, on va où ? Ci-dessus un exemple parmi tant d’autres de la signalisation toujours très très claire…

Lors de notre première exploration, nous tombons sur les chutes d’eau de Khone Pasoi. On y accède via un pont suspendu (comme dans les fiiiiilms ! « ça va pas casser, hein, ça va pas casser ?! ») qui ajoute au romanesque de notre promenade.

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Toboggan ?
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Les cascades laissent parfois la place à des endroits où l’eau est plus calme, mais tout aussi jolis.
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Petit trésor découvert dans une percée entre deux arbres.
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Encore un autre pont « artisanal » : c’est comme l’accrobranche, le baudrier en moins.

Nos journées à Done Khone se sont déroulées sur le même schéma : nous partions en balade toute la matinée et nous flânions sur la terrasse de notre bungalow à lire et étudier l’après-midi.

C’est un changement de rythme assez radical comparé à mon train de vie californien effréné. J’aimerais bien pouvoir ramener un peu de cette positive lenteur avec moi : sans distraction extérieure perpétuelle, j’ai remarqué que je prenais le temps de faire chaque petit geste du quotidien un à un, sans avoir à faire l’effort de le faire en pleine conscience. De retour en Californie, je dois parfois m’obliger à ne pas me brosser les dents et enfiler mes chaussures en même temps, tout en finissant de manger mon petit-déjeuner, de faire mon sac et…*ding*… un mail auquel il faut répondre !

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Le jour tombe vite.
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Vite, rentrons lentement chez nous avant qu’il ne fasse tout noir…
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Une belle photographie, prise par Jérémy en face de notre bungalow. Et le Mékong a encore changé de couleur !