Je fête les débuts du nouveau nom de domaine de l’Astroniste en me mettant au vert dans la Los Angeles National Forest et une de ses randonnées classiques : Bridge to Nowhere. Victor, mon voisin à Oldenborg l’année dernière, organisait une sortie là-bas et j’ai retrouvé deux autres copains : Hady, avec qui j’étais allée faire du bateau à voile et Samuel, un partenaire de contradanse !

Sur fond de pop-rock rétro que j’associe aux voyages en voiture avec Hady

Comparée à ma dernière randonnée à Mont Baldy, celle-ci est largement plus cool : 17 km, 600 mètres d’élévation. De quoi faire une grande pause nature, les courbatures du lendemain en moins ! Pourquoi « Bridge to Nowhere » ? Initialement, il y avait une route, construite en 1929, ainsi qu’un pont, datant de 1936. Cependant, une inondation survenue en 1938 a complètement détruit la route, ne laissant, vous l’aurez deviné, qu’un pont qui mène désormais nulle part.

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J’adore ces plantes en forme d’oursins (et qui vous piquent les jambes) ainsi que ce chemin bordé de rochers : on dirait qu’un paysagiste est passé dans les environs.
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Paradis des géologistes.
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De gauche à droite : Samuel, Hady et Victor. Et oui, à l’ombre, il fait un peu froid quand même…
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Encore de ces oursins végétaux qui poussent dans le sable.

La petite subtilité technique de cette randonnée vient de la présence d’une rivière qu’il faut traverser plusieurs fois pour suivre le chemin tracé (avec plus ou moins de précision). En soi, nous aurions pu juste enlever nos chaussures et nous jeter à l’eau, mais n’oublions pas que nous sommes malgré tout en Février donc elle est un peu… glaciale. Puis, les rochers glissent donc c’est un peu dangereux. Alors nous devons trouver des moyens de traverser, en sautant de rochers en rochers ou en jouant les funambules avec le décor naturel. Ce n’était pas toujours simple, mais cela a donné un petit aspect aventureux plutôt bienvenu à cette randonnée !

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Un escalier qui mène au paradis ?

(notez la jonction parfaite entre l’image de gauche et celle d’en haut à droite !)

Les traversées de rivière mises à part, la randonnée reste très tranquille car le terrain est relativement plat donc plutôt agréable pour discuter entre nous. Enfin, comme toujours, j’écoute surtout les autres parler en fait. Comme nous nous connaissions tous plus ou moins, c’était vraiment sympathique de se raconter les dernières nouvelles.

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Pas facile de comprendre le relief en regardant cette image, si ? Nous sommes sur un chemin en hauteur, longeant la rivière asséchée (la bande du milieu) qui nous sépare de la chaîne montagneuse de l’autre côté.
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Vue panoramique sur le paysage dans lequel les montagnes en arrière-plan me font penser aux volcans auvergnats.
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Enfin, le fameux pont qui ne mène nulle part ! En réalité, nous arrivons du fond : nous avons traversé le pont pour le prendre en photo, car la vue et la lumière est meilleure d’où nous sommes.

La zone est donc la propriété d’une société de saut à l’élastique et il est assez amusant de manger son pique-nique en pariant sur qui va se cogner la tête sur le pont… Honnêtement, je n’aurais déjà pas eu l’idée spontanée d’aller faire du saut à l’élastique. Mais en plus, je n’aurais jamais eu l’idée d’aller faire du saut à l’élastique au milieu de nulle part… Traverser les rivières en sautant de rocher glissant en tronc instable est déjà bien suffisamment aventureux !

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La vue depuis le pont, très pittoresque. En haut à droite, il y a une espèce de cercle orné d’une croix que je trouve assez étrange : un passage secret ?
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Un de mes moments préférés où l’on se trouve encore un peu en hauteur et où l’on profite de la percée sur le paysage, avant d’aller rejoindre les toutes petites silhouettes humaines que l’on aperçoit au milieu de l’image.

Sur le chemin du retour, nous décidons aussi de compter combien de fois nous devons traverser cette fichue rivière. Huit fois. Huit fois et nous avons été plus efficaces sur le retour, car nous n’avons pas perdu le chemin de randonnée. Cela signifie que nous avons peut-être dû jouer les grenouilles entre seize et vingt fois aujourd’hui…

Victor triche avec ses longues jambes, Hady est précautionneux, Samuel, prudent et moi, je joue parfois les intrépides en me disant « ça passe si je saute en prenant suffisamment d’élan ». Personne ne s’est blessé, j’ai à peine mouillé mes chaussettes (je vous l’avais bien dit que ça passait !) et on a même fini par développer un sens du travail d’équipe assez cool pour stabiliser les points d’appui ou pour se maintenir en équilibre !

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Dernière photo haute en couleurs avant de rentrer à Claremont. Qui dit présence d’eau, dit végétation plus foisonnante. Bridge to Nowhere est un véritable trésor dans les environs du fait de sa fraîcheur et de sa végétation variée. On a vu de l’herbe qui poussait naturellement, quoi !

Et dans la voiture en rentrant, Edith Piaf chante encore La Vie en Rose, comme une rengaine qui me poursuit encore et encore cette année…