Après une soirée passée à Los Angeles pour aller danser la salsa à USC (University of Southern California), José et moi sommes repartis le lendemain à LA, pour aller au LACMA (Los Angeles County Museum of Arts). Ce n’est évidemment pas ma première visite, mais c’était la première de José ! De mon côté, j’y allais surtout pour le Pavillon Japonais. Le LACMA annonçait quelques jours auparavant une fermeture quasi-imminente du pavillon pour restauration alors il ne restait qu’un week-end pour aller le visiter…

* Le SageCoach est le nom du bus appartenant à Pomona College. Le chauffeur a failli ne jamais arriver, alors nous commencions désespéremment à nous creuser les méninges pour trouver autre chose à faire, car nous ne voulions pas rester sur le campus. Heureusement, le bus est finalement arrivé et la journée a été sauvée !

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Ceci est un petit aperçu de l’extérieur du Pavillon pour les Arts Japonais au LACMA. Drôle d’architecture, non ? Attendez de voir l’intérieur…
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Lumière naturelle, tamisée ce qu’il faut pour ne pas abîmer les oeuvres. Avec de la moquette au sol, l’atmosphère est toute en sérénité et tranquillité.

Honnêtement, je me souviens moins des oeuvres que de l’architecture incroyable du pavillon. Je suis tombée complètement sous le charme de ses formes quasi-organiques à la Ernesto Neto : c’est très circulaire (même les cimaises sont arrondies !), il y a de petits balcons un peu partout et le tout baigne dans une lumière beige très douce qui fait que l’on s’y sent extrêmement bien.

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Ikezaki Yoshio, The Earth Breathes, 2008. Je ne sais pas si la Terre respire, mais j’ai envie de manger des huîtres.

 

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Yamaato Kakurei, Rocks amid Crashing Waves, 1810. Et un José joliment assorti à ce paravent. Il ne m’arrive pas souvent d’être fière d’une photo que j’ai prise, en revanche, j’adore celle-ci ! Une oeuvre d’art à partir d’une oeuvre d’art, visuellement très satisfaisante à regarder…
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La seconde partie du pavillon, moins intime, plus lumineuse.

Sur les photos ci-dessus, on remarque que la statue en bois est légèrement inclinée vers l’avant. Ce n’est pas la première fois que je note cette manière de faire : le musée Guimet possède une sculpture qui m’avait captivée pendant plusieurs minutes du fait de sa position. L’impression face à ces oeuvres n’est pas vraiment la même que face à une statue « droite » : c’est fou comme un petit détail change la donne…

Les chauffes-mains étaient également des objets que je n’avais jamais vu auparavant. Néanmoins, quelle bonne idée de les faire en forme d’animaux de compagnie !

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Récipient de l’époque Yayoi (300 av. J.-C. – 300 ap. J.-C.), probablement réalisé entre 200 av. J.-C. et 250 ap. J.-C.. J’ai l’impression qu’il s’agit d’un récipient extraterrestre : est-ce dû à sa forme, à la drôle de tache sur le bas ? Je ne sais pas.
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Sortons du Pavillon des Arts Japonais, allons faire un tour dans le bâtiment des arts américains.

Il y avait une exposition de Sarah Charlesworth, une artiste qui m’était inconnue jusqu’alors. Le bilan est mitigé : j’ai adoré certains concepts, d’autres m’ont laissée de marbre, et d’autres encore m’ont sacrément perturbée (voir ci-dessous) alors que je commence à avoir l’habitude des oeuvres un peu extrêmes…

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La série des Stills m’a franchement dérangée. Il s’agit d’agrandissements de photographies de personnes qui ont sauté d’un toit ou d’un étage d’un immeuble. L’effet « grandeur nature » ainsi que la destinée inévitable et sinistre présentée par ces photographies nous ont laissé un sentiment de malaise qui persiste encore au moment où j’écris ces lignes. Il n’y avait pas d’avertissements en entrant dans l’exposition et après tout, il s’agit d’images de presse ; cependant, je me demande s’il est tout à fait bon de véhiculer si facilement de telles images…
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Le bâtiment consacré à l’art des Amériques a une drôle de muséographie. C’est osé, mais dans mon cas, je trouve cela tellement chouette de travailler le musée comme une oeuvre d’art ! Notez que les panneaux de bois, en plus d’apporter des formes organiques plutôt harmonieuses, permettent d’étouffer les sons ambiants ce qui est plutôt agréable dans un musée. Pour chaque région, une couleur franche est attribuée et j’avoue apprécier énormément ce parti pris pour présenter des oeuvres d’art. Cela manque peut-être de neutralité, mais le résultat est à mon goût, souvent réussi.
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J’ai eu un petit coup de coeur pour l’art Nayarit (de l’Ouest du Mexique) avec l’expressivité touchante de ses statuettes. On dirait que cette figurine assise (datant d’entre 200 et 400 av. J.-C.) est animée ! Elle m’a toutefois l’air un peu tristoune…
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En revanche, ce couple (mêmes dates que la statuette précédente) semble nettement plus joyeux ! Les sourires aux dents écartées en font des personnages au caractère très tendrs. Une des interprétations, d’après le cartel, indique qu’il s’agirait de deux chamans portant des objets (boisson, percussions) qui aident à entrer en transe.
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Rogelio Polesello, Untitled, 1974.
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De la volaille avec un tableau de Mariano Rodriguez… On a surtout pensé à Ariane (encore !) qui la veille, nous avait montré un spot publicitaire avec des poules.
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La vue depuis la terrasse du quatrième étage du bâtiment des Arts des Amériques.

Après une petite sieste sur l’herbe où j’ai pu faire un merveilleux roulé-boulé sur une pente gazonnée*, nous terminons la visite autour de l’installation de Chris Burden, Urban Lights qui fête ses dix ans cette année. José voulait une photo dans Urban Lights qui lui rappelle une de ses chansons favorites

* Je ne vois vraiment pas pourquoi seuls les enfants auraient encore le droit de se rouler dans l’herbe ! Cela aurait été dommage de se priver d’une aussi douce régression vers nos jeux d’enfance…