Dernier volet de la série d’articles sur Montréal : je vous emmène au Jardin botanique et à l’insectarium ! Je poursuis ainsi ma collection de visites des serres botaniques à travers le monde. Bon, je triche un peu, les serres de Montréal, je les avais déjà découvertes lors de ma première visite. Cependant, elles réservent en ce moment une très chouette surprise…

En musique ? Avec Andrew Bird, que j’imagine très bien aller avec les virées dans la nature ou une visite d’un muséum d’histoire naturelle…

Le jardin a été créé en 1931 par le frère Marie-Victorin et son collaborateur Henry Teuscher, horticulture et architecte paysagiste. Ce dernier se servira de ce jardin pour illustrer ce qu’il appelle sobrement le « Programme d’un jardin botanique idéal ».

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Explosion de couleurs dans les serres : c’est étrange d’être au chaud et de voir autant de neige dehors à travers les vitres.
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Il fait doux et humide dans ce cabinet de curiosités naturelles. J’ai d’ailleurs eu droit à l’arrosage automatique, tout en douceur avec sa petit bruine.
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Un vanillier avec un fruit qui ressemble à un litchi géant ou à un durian.
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Une collection d’orchidées. Avec Andrew Bird en fond sonore, je les imagine se mouvoir et danser, tel un ballet végétal. Trop de Chagall peut-être ?

Fougères herbacées, xérophytes, grimpantes, épiphytes, rupestres, arborescentes, aquatiques… Prenons le temps d’en apprendre plus sur ces belles plantes extrêmement diverses et variées ! Je me dis qu’à force de visiter des jardins botaniques et des serres, des rudiments de botanique vont bien finir par rentrer dans ma petite caboche.

« Etre environnementaliste, c’est une manière de voir le monde » (David Suzuki)

A côté des serres, un espace est dédié à une exposition intitulée 1000 jours pour la planète. La scénographie est un petit bijou à elle toute seule avec son architecture organique un peu expérimentale dans laquelle vient se greffer le matériel technologique.

L’exposition nous parle des merveilles de la nature et de l’urgence de les préserver. Elle nous raconte comment la mondialisation cache notre impact écologique alors qu’au final, il faudrait plus qu’aimer la nature, il faudrait la respecter, la vénérer et la célébrer.

On ne se bat que pour ce qu’on aime. Et comment se battre pour la nature si on s’en fiche complètement ? Le message reste toutefois encourageant et touchant, avec deux personnalités qui s’exprime avec beaucoup de délicatesse. Si vous avez une vingtaine de minutes devant vous, prenez le temps de visionner la vidéo (que j’ai, ô joie!, réussi à retrouver sur Internet).

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Un mobile géant réalisé avec de drôles d’objets…
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…qui ne sont que des déchets en plastique. Le résultat est chouette d’un point de vue esthétique, et la symbolique de l’oeuvre, plutôt éloquente.

Nous sommes de retour dans les serres après avoir traversé un espace dédié à l’histoire du jardin de Montréal, aux abeilles et aux fleurs. En théorie, je sais faire la différence entre espèce monoïque, dioïque, hermaphrodite. En pratique, c’est moins simple.

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Un akébie à cinq feuilles. Mais le meilleur, c’est son nom en anglais : Chocolate Vine…
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Un érable. Penjing (paysage en port) vient de penzai (culture en pot). Il est  introduit au Japon entre le 10e et le 14e siècle. Penzai est ensuite devenu bonsaï. On peut toutefois faire la différence entre penjing qui représente la nature réaliste et bonsaï, qui représente la nature idéalisée.

Les serres sont tout de même une invention remarquable : arriver à faire pousser des plantes venues des tropiques ou des déserts au milieu d’un jardin enneigé, c’est incroyable !

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Mais voici venir le clou du spectacle avec une serre dédiée aux papillons, exposition temporaire du jardin botanique. On passe au travers des épais rideaux noirs avant de se retrouver dans ce milieu enchanteur.
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Les papillons semblent curieux et volètent autour de moi. En même temps, je porte un pull blanc et mes cheveux doivent sentir le shampoing bio un peu sucré (d’ailleurs, je vous ai déjà dit que j’avais retrouvé toute une bande de moucherons dans le fond de ma bouteille de shampoing ?).

Saurez-vous retrouver tous les papillons sur les photos ci-dessus ?

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Les couleurs contrastent les unes avec les autres dans ce joyeux mélange de fleurs et d’ailes tourbillonnant autour des visiteurs. C’est le bon moment pour entamer un ballet afin de s’accorder avec cette atmosphère légère et virevoltante.

A la place, je commence ma chasse aux papillons pacifique et m’amuse à photographier tous les papillons qui passent sous mon objectif pour distinguer le plus d’espèces possibles. Je crois que j’en ai eu pas mal ! Cela me rappelle un peu le Laos, lorsque je photographiais les papillons dans les îles du Sud. Les clins d’oeil au Laos ne vont d’ailleurs pas s’arrêter ici…

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Mais d’abord, prenons le temps de faire une pause pour décorer un papillon. Je m’installe au millieu de la serre, concentrée sur mon dessin, chauffée (un peu trop) par le soleil qui filtre à travers les vitres.  Une dame finit par m’accoster : « regarde sur ton épaule ! ». Un papillon, probablement curieux, s’était posé sur sur mon épaule droite…

Nous n’en avons pas fini avec les papillons ! Le jardin botanique de Montréal peut être perçu comme une sorte de complexe avec des serres, différents types de jardins et un insectarium. C’est dans ce dernier que se poursuit la visite.

On retrouve des papillons, cette fois épinglés sur des panneaux. Moins enchanteur, mais tout aussi curieux. J’ai ainsi pu nommer quelques espèces de papillons observées durant mon dernier séjour au Laos. C’est un exercice assez marrant !

Après l’observation des lépidoptères et autres petites bestioles, je remets le nez dehors pour faire le tour du jardin botanique. En soi, ce n’est pas très intéressant d’un point de vue purement botanique, toutefois, pour une promenade, c’est très chouette.

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Nous voilà de retour dans la nature recouverte de neige. Et nous sommes pourtant toujours en ville.

Il y a les allées principales pour les promeneurs et les coureurs, et d’autres petits chemins qui ne font la largeur que de mes pieds pour les visiteurs un peu plus téméraires ou en quête de silence et de vide… Je vous laisse deviner où m’ont portés mes pas !

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Le pavillon japonais. Plusieurs personnes étaient installées sur des bancs en face de l’épaisse couche de neige qui servait de jardin. Un jardin zen, mais avec de la neige au lieu des petits gravillons blancs.
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Il est temps de retrouver nos écureuils (obèses !) de Californie… En attendant, voilà un de leurs copains de l’autre côté du continent.

« L’objectif est que chacun se sente participer à la grande aventure de l’univers et veuille prouver par son action que l’intelligence a pour objet l’harmonie dans la diversité. »

« Each of us should feel as through we are a part of the universe’s grand adventure and show through our actions that the goal of intelligence is harmony among diversity. »

(Hubert Reeves)