Mardi 27 décembre, 19h07, Californie ou Mercredi 28 décembre, 10h07, Laos.

J’ai très mal géré le décalage horaire : lorsqu’on traverse le Pacifique, on avance ou recule soudainement dans le temps, en bref, il n’est pas simple de savoir quand dormir ou manger. Je suis partie mercredi matin en prenant le train de 6h21 à Claremont et je suis arrivée à 18h21 le jeudi, mais à Vientiane, on était déjà vendredi matin. Depuis, je ne sais plus vraiment quel jour nous sommes.

Tout un périple pour atteindre Luang Prabang ! Nous n’y avons pas passé beaucoup de temps, car nous devions être de retour pour un mariage le 29 décembre ; cependant, l’ancienne capitale vaut vraiment le détour, même express.

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J’écris actuellement depuis un car en bien mauvais état, roulant sur les routes, enfin, la seule route serpentine qui relie Luang Prabang à Vientiane. Le dossier de mon siège est cassé donc s’abat et se rabat au rythme très irrégulier des bosses et creux rencontrés sur la route. Douze heures de voyage pour faire 400 kilomètres. Cela laisse le temps de penser, rêvasser et admirer le paysage sublime qui défile à travers la vitre sale et craquelée du bus.
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Premier trajet en touk-touk jusqu’à la guest-house qui s’est avérée complète pour la nuit. Nous partageons le voyage avec une guide laotienne qui parle très bien le français. Les petites rencontres impromptues lorsqu’on voyage sont toujours très amusantes…
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Effectivement, le chien fait très peur, à la manière d’un lapin Monty Pythonien.
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Après avoir tourné un peu dans les rues, nous finissons par trouver un hôtel dans nos prix, le Pangkham Lodge. Le lit était si grand qu’on aurait pu dormir à quatre dedans !

Il est déjà tard lorsque nous arrivons à Luang Prabang et nous sommes affamés. On nous dit qu’il y a marché de nuit tous les soirs alors nous décidons d’y aller faire un tour et de trouver quelque chose à manger. Un peu perdus, nous sommes arrivés sur un premier marché (« c’est ça, l’attraction touristique ? ») avant de marcher longuement…hors de la ville. Drôle de première impression pour Luang Prabang ! Une fois remis sur le bon chemin, nous avons enfin découvert la ville, beaucoup plus touristique que Vientiane, mais aussi tellement plus calme…

« Ah le voilà, le Laos que je voulais voir ! », s’écrie Jérémy. On sent tout de suite l’influence française : tout est plus ordonné, mais pas seulement. Les trottoirs, les panneaux de signalisations, l’impression de se balader dans un petit village de Provence la nuit avec son marché nocturne. Je me sens parfois un peu troublée par le fait qu’on puisse vraiment se croire en France par moments.

Le lendemain matin, nous allons redécouvrir la ville, de jour cette fois. Nous arrêtons au wat Hosian Voravihane, complètement désert et qui prend des allures fantastiques sous le ciel gris matinal. A Luang Prabang, les wats sont des lieux plus agréables qu’à Vientiane et la décoration est plus soignée. L’ancienne capitale est définitivement plus raffinée que la nouvelle…

Le précédent hôtel n’était disponible que pour une nuit alors nous changeons de lieu (je ne me souviens plus du nom !), pour nous installer juste à côté de l’ancien palais royal. C’était, eh bien, royal.

L’ambiance est véritablement différente, et j’avoue avoir eu un vrai coup de cœur pour Luang Prabang. On retrouve la non-agressivité typique des Laotiens, le tout dans une toute petite ville faite de curiosités botaniques, d’un joyeux mélange franco-laotien de décorations et d’enseignes en tout genre. Certes, c’est touristique, mais on se sent incroyablement bien dans ce lieu tranquille et paisible.

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Bonjour grand fleuve Mékong ! C’est la première fois que je le voyais. Majestueux, il brille de plusieurs couleurs et semble bien cacher son jeu : il semble lent et lourd, mais est beaucoup plus agité qu’il n’en a l’air !
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Au croisement du Mékong et du Nam Khan, une rivière beaucoup plus tranquille que le fleuve.

Après avoir payé un petit droit de passage, nous traversons un pont construit en bois de bambou, plus solide qu’il n’en a l’air.

Sur l’île, je marche un peu au hasard puis m’arrête en regardant le fleuve et sa rive opposée. Je vois une sorte de champs et j’y entends un air de musique, probablement traditionnelle, probablement diffusée par une radio qui grésille. Cette scène anodine résumera toute l’ambiance paisible que j’ai pu ressentir à Luang Prabang.

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Une autre vue sur le pont de bambou sur lequel nous étions un peu plus tôt.
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Une allée avec des cocotiers très hauts « qu’on appellera l’allée avec des cocotiers très hauts ».
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Au bord de l’eau, des jardins potagers. Toute cette végétation luxuriante me ramène droit à mon mémoire d’histoire de l’art et ses images de jardins orientaux du XIXe siècle.
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Du sable, de l’eau, de la verdure, de la montagne… Que demander de plus ?

Petite pause pour nous rafraîchir. Jérémy et moi choisissons un des multiples restaurants qui bordent le Mékong pour aller boire un verre, même si verre n’est pas vraiment approprié puisque je bois à même la noix de coco. C’est bien une des choses qui va le plus me manquer ici : j’ai perdu le compte des noix de coco ingurgitées depuis que je suis arrivée. On dit bien « cinq fruits et légumes par jour », non ?

Je termine encore cet article sur le Laos par un intermède culinaire. Je crois que j’ai plus apprécié la nourriture du nord du pays pour son côté épicé. Le Mok Pa, poisson accompagné d’un mélange d’épices cuisiné sur une pâte de riz et entouré d’une feuille de bananier, c’est juste divin.

Prochain article sur le mont Phoussi !