J’écris cet article de Marston Squad, assise sur un banc à 15h, avec Agnes Obel dans les oreilles. Le campus revêt enfin des couleurs d’automne avec des feuilles mortes au sol et un léger brouillard, mais personne ne porte de manteau. Des étudiants font des galipettes ou jouent au frisbee dans l’herbe. Je viens de finir mon dernier devoir pour le semestre (un portfolio pour le cours de Pédagogie en langues étrangères) alors c’est le moment idéal pour passer en revue ces derniers jours bien agités à Pomona College.

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« My goal in this book is definitely not to add another quotation to the millions that already exist attesting to how complex the brain is, but rather to impress you with the power of its simplicity » (p. 9). Nouveau compagnon pour ces belles journées automnales : Ray Kurzweil viendra à Pomona College au mois de février, alors je me plonge dans la lecture d’un de ses best-sellers. C’est très abordable et pour le moment, tout à fait passionnant.

Si je devais résumer ces derniers jours, je dirai que cela a été un marathon de la nourriture. Je revois encore Maÿlis arriver et me dire « ça fait une semaine que je n’ai pas ressenti la sensation de faim ! ». Et pour dire, je ne saurai pas dire quand cela a commencé mais entre le dernier repas (Holiday Lunch !) à Oldenborg, les différents repas de Noël dans les dining halls, les crêpes que nous avons mangées dans mes TROIS cours de français (trois heures de crêpes donc !), les visites à mes collègues qui cuisinaient eux aussi pour leurs derniers cours, deux soirées « vin chaud »… Bref. Aucun regret, je vous assure, mais je suis heureuse de retrouver mes salades.

Je voudrais bien continuer à vous conter mes salades (!), mais ce serait passer à côté des derniers tests culinaires, casés entre deux repas de Noël. Déjà, Ting, m’a invitée à boire un Boba Milk Tea (ça se dit « Bubble Tea » en français même si cela reste un mot anglais): il s’agit d’un thé glacé avec du lait et des billes de tapioca. J’en avais déjà goûté un à Paris, mais c’est encore plus répandu par ici.

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Après le Boba Tea, Martin s’est arrêté dans une boutique de pâtisseries orientales, car Ting n’avait jamais goûté de baklavas. C’est chose faite désormais !

Toujours avec Ting, j’ai aussi mangé des oeufs de canard, enfin,de cane. Martin s’est dégonflé au dernier moment : il faut dire que la couleur et la textures sont assez originales ! Néanmoins, le goût ressemble à celui de l’oeuf de poule alors on ferme les yeux et cela passe tout seul. Ariane me dit qu’elle adore ça avec des flocons d’avoine au petit-déjeuner…

En parlant de petit-déjeuner, je me suis découvert une passion pour l’« açaí bowl », l’açai étant une petite baie brésilienne qui détiendrait des super-pouvoirs incroyables. Bon, je reste un peu sceptique, mais le bol de fruits au goût boisé (certains disent chocolat !) est devenu un petit plaisir depuis que nous ne travaillons plus aux tables de langues à Oldenborg.

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Mon appartement est très sympathique, mais je suis incapable d’y passer toute la journée pour travailler. Je jongle donc entre plusieurs « bureaux » pour rester motivée. C’est purement psychologique, car même mon lounge me paraît un endroit plus agréable pour travailler. Le soir, Ariane, Grete et moi nous installons ici pour étudier. Nous voilà dernièrement rejoint par Joaquin.

A propos du travail en lui-même, les cours se sont terminés le 7 décembre, donc nous n’enseignons plus depuis cette date-là. Il en est de même pour les tables de langues puisque le dining hall est désormais fermé jusqu’à la rentrée en janvier. Les étudiants entrent alors dans la période des « Reading Days » ou jours de révision avant les partiels. Le semestre se termine alors officiellement aujourd’hui.

De notre côté, à part de la paperasse administrative, nous sommes tranquilles. Les notes sont rentrées : tous mes étudiants excepté un ont validé le cours. Nous pouvons donc étudier pour nos propres partiels ou écrire nos dossiers. Les cours ici ne se soldent pas systématiquement par un examen sur table. Mon partiel d’astronomie était facultatif et je n’ai eu qu’un dossier à rédiger pour mon autre cours.

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Une petite anecdote. Pour le dernier cours de Pédagogie, notre professeure, Katya, nous a fait faire un débat à deux partis : « Pour » et « Contre ». J’étais leader d’un des groupes et je devais tirer le papier pour savoir à quel parti nous appartenions. J’ai tiré le bout de papier ci-dessus et ai vécu un moment de quiproquo culturel : « Con » ? Non, ce n’est pas une insulte, cela vient de « Pro and Con » (Pour et Contre). Cela nous a valu une belle crise de fous rires avec Louis et Maÿlis.

Alors que fait-on maintenant que nous sommes libres de toute obligation ou presque ? Le campus reste très animé. Je suis allée au planétarium voir un spectacle psychédélique assez mauvais (ne me droguant pas, je n’ai pas tout compris), j’ai cuisiné un énorme fondant au chocolat avec de la crème anglaise pour l’anniversaire de Dafini, j’ai assisté avec Martin à un concert de l’orchestre des Claremont Colleges (différent de celui de Pomona) pour écouter du Brahms, je me promène la nuit sur le campus avec mon nouveau manteau d’amiral en écoutant du tango ou je révâsse/médite sur la terrasse du Smith Campus Center.

Les photos sont de Ting !

Martin s’est acheté un nouveau sac à dos qui devrait vous rappeler cette célèbre scène du premier Star Wars !

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Alors pour nous occuper, on emmène Yoda faire des courses…
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…ou jouer au squash avec nous.

Je terminerai effectivement ce long billet par cette nouvelle révélation : le squash qui, avant d’avoir été initiée par mon voisin/étudiant/mentor en astronomie/maintenant coach Victor, ne m’évoquait qu’un légume*. Il s’avère que je trouve cela encore plus cool que le badminton et je tanne désormais Martin (qui sait jouer et qui ne m’a rien dit, le bougre !) pour aller m’entraîner dans ces drôles de cages…

*En faisant une recherche sur Qwant, j’ai vu qu’il y avait un tournoi international à Nantes. Comme quoi, voyager, ça vous ouvre vraiment l’esprit, et ça vous fait redécouvrir votre propre ville !