Deuxième round de randonnée (et je viens de me rendre compte que je ne vous ai même pas présenté le premier round en fait…). Soit.

Une bonne heure de marche. C’est le temps qu’il faut pour aller jusqu’au pied du parc à partir d’Oldenborg. C’est long, cependant j’étais trop heureuse de quitter le campus ce jour-là et j’aurais marché une heure de plus s’il l’avait fallu…

…et j’aurais bien évidemment moins ri au retour.

 Pas de carte du parc, juste des barrières, les recommandations habituelles (« vous paierez 10 000[…]000 dollars d’amende  et vous irez en prison si vous vous promenez ici en dehors des horaires d’ouverture ») et les consignes en cas de rencontre inopinée avec un puma, un serpent ou une araignée. Welcome.

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Un Jérémy dubitatif. Il faut dire que les lignes à haute tension, les canalisations, les usines et carrières abandonnées ne faisaient pas vraiment partie du paysage recherché.

Du coup, sans carte, on se demande parfois ce qu’on fiche là, surtout lorsque le paysage manque de « wilderness », si vous voyez ce que je veux dire. Nous nous sommes souvent trouvés à des croisements (« bon, à gauche ou à droite, pile ou face ? »), mais au final, une fois sur les hauteurs, on arrive à s’orienter assez facilement. Du moins, devrais-je dire, Jérémy arrive à s’orienter assez facilement, car de mon côté, mon sens de l’orientation est toujours aussi déficient. Qu’on soit en ville, en montagne, à la campagne, ou dans le centre Oldenborg.

Petit à petit, on revit au ralenti, on s’attache aux petits détails. La température est même clémente pour une fois, le vent est frais : la bouffée d’air frais recherchée.

Perchés sur les montagnes de Claremont, l’effervescence de la ville paraît loin. La ville est petite, tous les tracas qui l’accompagnent n’ont pas d’importance : comme en astronomie, on remet les choses en perspective, face au reste de l’Univers et on se sent tout de suite mieux.

Pomona College, c’est chouette, mais j’ai parfois l’impression de ne jamais partir de mon lieu de travail. Au final, j’ai beaucoup moins d’heures de travail que l’année dernière où j’alternais entre deux boulots, un stage et un mémoire à écrire. La différence, c’est l’engagement social : recevoir une cinquantaine de mails par jour, vivre avec ses propres étudiants, enchaîner les événements mondains, etc. Je pense que c’est plus simple lorsque l’on a une personnalité extravertie. Je pense que c’est moins simple lorsqu’on a l’habitude de recharger ses batteries en passant du temps seul avec soi-même et qu’on est plus efficace en gérant une tâche de manière autonome (cela ne signifie pas que je suis contre le travail d’équipe, hein !). Bref, si vous me suivez jusque là, Susan Cain résume très bien la situation dans cette conférence TED, et c’est plus vivant que ce grand paragraphe qui n’a rien à voir avec la randonnée.

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Un lieu qui porte bien son nom : hills, hills, hills. Collines, Collines, Collines.

Tout cela pour vous dire que je ne me plains absolument pas, mais que passer du temps seule avec son compagnon en pleine nature avec ce « presque » silence que j’avais presque oublié, eh bien ça fait juste du bien.

 Les zones ombragées sont rares ici. C’est ensoleillé, sec, parfois toscanien. Alors chaque petit coin d’ombre est accueilli avec beaucoup d’enthousiasme.

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Un banc sous un arbre, lieu de mémoire dédié à un gardien du parc. Assez magique, car il se situe au beau milieu d’un plateau désert et en plein soleil. Un épigraphe crée des échos avec Jérémy…

Juste avant de rentrer à Oldenborg (wouhou la dernière heure de marche à travers la ville après plusieurs heures de randonnée), on traverse plusieurs campus de Claremont : Harvey Mudd, Pitzer et ses cactus, Scripps et son air italien, plutôt féminin (normal pour une école traditionnellement réservée aux femmes), et le très conservateur Claremont McKenna.

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Le campus du college Claremont McKenna. Chacun des cinq (sept si on compte également les « Graduate school ») campus de Claremont possède sa propre ambiance. CMC, c’est très moderniste, très Frank Lloyd Wright, très Le Corbusier.