« The Times We Had. » The Food We Had. J’écris du Rockabilly Festival de Pitzer où je passe actuellement mon samedi après-midi. C’est l’Alumni Weekend à Pomona College, et c’est aussi le dernier week-end avant la fin des cours sur le campus alors il y a tellement de choses à faire. Mais je vous parlerai de ce week-end (pas encore terminé) dans un futur article. Alors que je commence à ranger doucement mon appartement, je fouille aussi dans mes archives photographiques… J’ai extirpé de mon téléphone quelques photos floues, mais qui sont aussi des souvenirs importants. Voilà donc un petit aperçu d’un nouveau semestre à Claremont !

Avec Jamila Woods – HEAVN, une artiste qui passait à Nochella, un festival de musique sur le campus. L’album HEAVN tourne quasiment en boucle depuis une semaine sur mon ordinateur…

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Vendredi 26 Janvier 2018, Chez José.

Encore une fois, j’ai l’impression d’être aspirée vers l’arrière et de devenir spectatrice d’une scène qui se déroule sous mes yeux. Dans ces moments-là, j’entends les sons ambiants plus clairement, mais aucun ne se distingue. Ce n’est pas une sensation désagréable. Plutôt une sorte de transe. J’observe simplement le monde continuer de tourner en étant immobile. Dans mon appartement aux murs roses, j’entends des journées ensoleillées, le brouhaha des voix joyeuses, le bourdonnement de machines, de tondeuses, le réseau de tuyauterie d’un bâtiment devenu trop vieux, les skateboards qui claquent sur le bitume. Dehors, j’inspire profondément l’air de Claremont, de ce drôle d’endroit qu’est Pomona College.

Maintenant, j’étudie le japonais (enfin, je fais une pause) : « 来がっきも日本語を勉強しますか ». « Avez-vous l’intention d’étudier le japonais l’année prochaine ? ». En ce moment je me raccroche au présent qui a l’avantage d’être le plus sûr, plus que le passé qui n’est plus, plus que le futur qui fait un peu peur. Aujourd’hui, je reviens de deux conversations avec des amis se posant des questions sur leur présent et leur avenir. Et en ce vendredi 26 janvier, alors que je viens de faire une pause dans ce tourbillon continuel qu’est la vie ici, je suis vraiment touchée par le courage de ces personnes. Alors je prends le temps de savourer cet instant de grâce, sorte de tendresse mêlée à de l’euphorie et une fois que je suis prête, j’avale une nouvelle grande bouffée d’air frais et je replonge dans ce tourbillon dans un grand jeté et un éclat de rire.

J’écrivais ces mots il y a trois mois ! Aujourd’hui, j’ai toujours ces moments de grâce de temps en temps et en plus, je suis sûre de ce que j’ai envie de faire à la rentrée prochaine donc j’ai bien plus confiance en l’avenir. Il n’est jamais facile de refermer un chapitre de sa vie, mais le prochain s’annonce tout aussi incroyable ! Du moins je ne vois pas trop pourquoi il en serait autrement…

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« A chaque fois que je te vois étudier, tu as toujours ton livre de japonais avec toi » Effectivement, je travaille la journée, mais je réserve mes soirées au japonais… (photo prise par Ariane !)
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Avec Alex, nous avons un projet de recherche indépendant appelé « Le Salon de Thé » dont je vous ai déjà un peu parlé dans un article précédent. Je n’ai pas beaucoup pris de photos, mais en voilà une d’Ariane lors de notre première session de dégustation. Chaque tarte est différente et les testeurs doivent élire la meilleure recette.
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Un arc-en-ciel sur le chemin du retour du Ski-Beach Day (sans plage !).

J’ai pris cette vidéo sur le chemin du retour après une journée sur les pistes enneigées de Mountain High. C’est la première fois que j’expérimentais une météo aussi fantastique. On voit une épaisse couche de nuages apocalyptique contraster avec des collines brillantes grâce au soleil se couchant derrière moi. J’avais l’impression d’être sur une autre planète…

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De retour dans un univers familier, José, Callie et Ariane posent dans ma salle de classe. Il y a du thé et des dorayakis (pancakes japonais issus d’une autre session culinaire avec Alex) pour survivre à une nouvelle session d’étude intense.
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José a la capacité de faire des micro-siestes un peu n’importe où et dans n’importe quelle position. On dirait un chat.

Il y a tellement à faire sur le campus, et l’Astroniste ne réflète pas la moitié des choses que je fais puisque je n’emporte pas systématiquement mon appareil photo avec moi… Je suis toujours impressionnée par la qualité des représentations étudiantes. J’ai vu une version du Songe d’une Nuit d’Eté par Shakespeare que je n’ai comprise que parce que j’avais déjà lu la pièce. L’univers onirique entre ambiance forestière et science-fiction suffisait à combler le fait que je ne comprenais pas un traître mot au vieil anglais. Et ces costumes sont à tomber. Je ne mentionne pas non plus les spectacles de danse avec des noms qu’il faudra suivre à l’avenir, où les événements de la douce Kathryn à Harvey-Mudd tendrement appelés « Kathryn & Friends), petits concerts de folk qui permettent de faire une pause entre deux révisions…

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Oh et j’ai aussi joué à quatre mains dans la cadre de ma classe de piano ! Autant je déteste jouer seule, autant c’est un plaisir de jouer à plusieurs ! Le thème était la danse alors j’étais forcément aux anges…
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Farm to Frank, le rendez-vous annuel juste avant mon anniversaire et que j’attendais avec impatience. Légumes de la ferme bio à côté d’Oldenborg et cultivée par les étudiants, ingrédients locaux, repas végétarien, le tout installés sur une terrasse au soleil.
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Trois assiettes. Complètement déraisonnable. Mais j’ai partagé mes desserts !

Après Farm to Frank, Grete et Ariane sont venues étudier avec moi. Grete est allée chercher son chargeur d’ordinateur et est revenue avec toute une bande de copains pour mon anniversaire (ou plutôt la veille). Prêts pour une autre part de gâteau ? On danse un peu, on mange, et on retourne étudier…

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Mes jolis lys roses qui ont éclos un à un toute la semaine qui a suivi mon anniversaire.
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Mon anniversaire tombait un lundi et je n’étais pas disposée à prévoir quoique ce soit étant donné la charge de boulot. C’était une belle journée : j’ai joué au Loup-Garous de Thercellieux avec mes étudiants et surtout, José et moi avons passé deux heures assis dans l’herbe à Marston Quad. Etre à l’extérieur, profiter de ces rares moments où l’on s’autorise à ne rien faire du tout, voir le soleil se coucher et observer quelques étoiles avant de rentrer intégrer le brouhaha quotidien. C’est un beau cadeau.
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A côté de nous, deux étudiants font une pause musicale.
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Les lapins s’habituent à notre présence et s’approchent de plus en plus près de nous. C’est presque onirique !

Le lundi suivant, j’allais voir Tash Sultana en concert à Pomona (la ville, pas le college) en compagnie de Grete, Isaiah et José. Isaiah n’était jamais allé voir de concert auparavant, excepté les concerts gratuits sur le campus. Pour une première expérience, on a mis la barre un peu haut. Elle est seule sur scène, mais joue pendant deux heures : elle chante, joue de la guitare, du clavier, de la flûte de pan, de la trompette et gère le tout avec ses loops.  On rentre à Claremont quasiment en silence. Avant de nous séparer à Oldenborg pour retourner dans nos chambres, Grete me dit « on en reparle, mais là maintenant, ce n’est pas possible ». Encore maintenant, j’ai dû mal à trouver mes mots…

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